La loi anti-fessée : une occasion ratée

Enfant rieur

Loi anti fessée : une occasion ratée de réprimer la violence faite aux enfants

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 26 janvier pour des raisons de forme le refus des violences corporelles des parents envers les enfants, telles la fessée, inscrit dans la loi Égalité et citoyenneté, mais qui avait été contesté par certains sénateurs. Le Conseil constitutionnel a estimé que l’article qui excluait « tout recours aux violences corporelles », ne présentait « pas de lien » avec le projet de loi initial.

Je trouve cette décision bien regrettable, c’était une occasion de mettre un terme à une forme de violence, banalisée dans la tradition culturelle, mais qui n’en reste pas moins une violence faite à l’enfant.

Une violence faite à l’enfant ? Pas seulement !

Je vous propose un petit aperçu des conséquences de cet acte ‘anodin’, la fessée, qui au final, ne vous semblera plus du tout si anodin. Vous comprendrez pourquoi je parle d’occasion ratée.

J’avais été interrogé sur la ‘correction physique’ des enfants qui faisaient des bêtises, à l’autre bout du monde, lors d’un séjour à Taïwan, par un jeune père qui semblait très sûr de lui et de ses méthodes éducatives ayant recours à la ‘fessée’, entre autre. Ce qui montre à l’envie que la fessée sévit sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. Mais peut-on considérer qu’un châtiment corporel peut être utilisé dans l’éducation d’un enfant ?

Voici la réponse en quatre points que je fis :

1- La violence est le dernier refuge de l’incompétence*.

Que se passe t’il quand vous levez la main sur votre enfant ? Que lui montrez-vous si ce n’est que vous n’avez pas d’autre réponse que la violence ? Si l’enfant a fait une bêtise, de quelque nature qu’elle soit, en quoi le frapper lui montrera t’il ce qu’il convient de faire ? En fait, quand vous le frappez, vous lui montrez votre incompétence.

2- Frapper son enfant blesse le lien de confiance qu’il a envers vous.

Dès lors, vous commettez une injustice. C’est parce que vous êtes incompétent à lui expliquer ce qu’il y a lieu de faire que vous vous montrez violent. La justice est une notion très forte chez les enfants. Qui n’a jamais entendu un enfant se plaindre de quelque chose en disant « C’est pas juste ! » ? Vous montrer injuste, c’est blesser le lien de confiance qui vous relie.

3- Altérer la confiance, c’est se priver d’occasions de grandir.

Si, au lieu de réagir de façon « épidermique » et de frapper votre enfant, vous prenez le temps de lui expliquer en quoi la bêtise qu’il a commise vous choque, pourquoi vous n’êtes pas d’accord et ce qu’il convient de faire, vous lui donner une occasion d’apprendre et de corriger, mais vous vous donnez à vous aussi une occasion de grandir. Vous passez du rôle de simple ‘parent’ à celui d’éducateur. Vous avez donc grandis tous les deux. Il vous en saura gré et vous aurez la satisfaction d’avoir accompli votre mission.

4- Réprimer la confiance entre vous, c’est entraver la confiance qu’il a en lui.

Par contre, si vous persistez à frapper votre enfant quand il commet des bêtises, vous ébrècherez chaque fois un peu plus la confiance qu’il a en vous, et petit à petit, c’est un sentiment de peur qu’il éprouvera. Ayant crainte de votre réaction, il n’osera plus vous montrer ce qu’il fait, sa créativité en sera émoussée, sa confiance en lui en subira les conséquences, et petit à petit, il n’osera plus expérimenter de nouvelles choses : il n’osera plus vivre sa vie.

En conclusion, je vous invite à vous poser cette question : qui mérite d’être réprimandé, s’il ose lever la main sur son enfant ? Je ne suis pas sûr qu’une loi soit le meilleur moyen pour changer une mauvaise habitude, tant la fessée est profondément ancrée dans la ‘culture parentale’. Mais ç’aurait été un point de repère, si ce n’est un point de départ.

Avez-vous eu l’occasion d’être confronté à une telle situation ? Peut-être souhaitez-vous faire le point sur votre propre mode d’éducation, celui que vous avez reçu de vos parents ou celui que vous exercez auprès de vos enfants. Sans parler de votre confiance en vous…
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* Isaac ASIMOV – Fondation – Editions Denoël – 1983. Pour plus de détails, voir l’article Violence-et-incompetence.