Empathie et sympathie

Empathie-colombeEmpathie et sympathie

Récemment, une cliente me faisait cette remarque : « Quand je vois quelqu’un souffrir, je ne peux m’empêcher de souffrir avec lui. Je suis alors dans l’incapacité de réfléchir, ni même d’agir, je me sens submergée par l’émotion, jusqu’aux larmes parfois. »

Entre sympathie et empathie, faites-vous bien la différence ?

Vous comprenez tout de suite où je veux en venir : être touché par l’émotion de l’autre fait partie de notre fraternité/sororité humaine. En être submergé au point d’être réduit à l’inaction, c’est tout à fait autre chose. Un peu comme si, quand vous voyez quelqu’un se noyer, vous lui jetiez une pierre plutôt qu’une corde. Dans un cas, vous le faites couler, dans l’autre, vous l’aidez à s’en sortir.

L’empathie et la sympathie se réfèrent à des processus d’identification à un “autre”. L’étymologie grecque de ces deux mots permet de se faire une idée de ce qui les différencie :

Sym-pathie signifie “ressentir avec”. On fait un avec l’objet observé et partage ses pensées et sentiments. La conscience est déplacée de soi vers l’autre. Il y a fusion.

Em-pathie signifie “ressentir en dedans”. On partage le point de vue d’autrui, pour observer ses pensées et sentiments. La conscience de soi se place dans la situation d’un “autre” pour partager son expérience. Il y a une recherche de compréhension et conscience.

Processus d’identification

Le processus d’identification diffère au niveau de la conscience de soi et du monde.

Dans une approche sympathique, je m’identifie pleinement avec les aspects de la vie de quelqu’un d’autre. Je perds le sens de ma propre identité. Ce faisant, je deviens sensible à toutes les sortes d’expériences sans être capable de me positionner. Cela peut me mener jusqu’au chaos émotionnel : je perçois des informations à fort potentiel émotionnel et l’émotion me submerge au point que je ne suis plus capable d’analyse ni de compréhension.

Sympathie : je ressens les sentiments d’un autre, je fusionne, je perds conscience de moi et du monde.

Dans une approche empathique, j’utilise ma propre expérience et augmente ma conscience du monde par l’identification et la réflexivité consciente.

Je complète mon vécu (expérience et émotions) par celui de quelqu’un d’autre : j’adopte son regard sur le monde et le fais mien temporairement.

Je bénéficie de l’expérience de l’autre et en retire une connaissance plus complète de la réalité. J’élargis mon champ de conscience.

Empathie : je ressens de l’intérieur, je comprends, je développe ma conscience de moi-même et du monde.

Souvent, la distinction entre sympathie et empathie n’est pas claire. Si je suis confronté à un événement très chargé en émotion, je passe d’une phase empathique à un moment de sympathie, et vice-versa. Si je prends conscience de ce qui se passe dans l’instant, je peux revenir à la bonne distance et manifester de l’empathie.

Un exemple personnel

Quand j’étais enfant, les éducateurs n’hésitaient pas à utiliser les châtiments corporels. Comme je n’étais pas toujours très sage, ni obéissant, j’ai souvent étant réprimandé, avec en prime une gifle, voire une fessée. Bien entendu, de mon point de vie, ces ‘corrections’ étaient totalement disproportionnées, voire injustes ! Devenu adulte, je ne supportais pas de voir un parent lever la main sur son enfant ! Un jour, alors que ma compagne et moi faisions des courses au supermarché, je lui fis part de ma colère alors qu’une maman secouait son jeune garçon turbulent. Ma compagne me fis remarquer que je ‘surréagissais’. La maman avait attrapé l’enfant par le bras pour lui demander fermement de rester sage, elle ne l’avait pas frappé.

C’est ainsi que j’ai pris conscience que quelque chose en moi était hyper sensible à la violence faite aux enfants. J’ai décidé d’en parler avec mon superviseur (mon coach, si vous préférez). Maintenant, je suis toujours agacé de voir un parent lever la main sur son enfant, mais je suis assez calme et serein pour exprimer ma réprobation calmement et suggérer au parent incriminé d’agir autrement, de façon plus ‘éducative’ (cf. article Violence et incompétence).

Dans la pratique

Il n’est pas toujours facile de garder de la distance lors d’une expérience hautement émotionnelle. Il arrive parfois qu’on se sente submergé par la souffrance d’autrui. Difficile alors de distinguer sa propre souffrance de celle de l’autre. Si la souffrance de l’autre m’affecte tellement, c’est vraisemblablement qu’elle fait écho à ma propre souffrance, ou à une vielle blessure mal cicatrisée… 
Probablement, si je me retrouve affecté outre mesure par cette expérience, je peux en être déstabilisé au point d’engourdir mes capacités émotionnelles et intellectuelles. En conséquence, je ne me rends pas compte que je ‘zappe’ toute’ réaction quand je suis confronté à une situation similaire, ou bien encore je surréagis et je me mets en colère.
Ce que vous apportera le coaching : comprendre ce qui se passe et pourquoi vous ‘surréagissez’. Le potentiel émotionnel s’amenuisant,  vous saurez adapter votre réaction et la situation ne posera plus de problème.

En conclusion

L’empathie permet de merveilleux moments de partage et fait grandir en ‘humanitude’ ceux qui en sont capables. A condition de ne pas se perdre dans la sympathie lors d’expériences douloureuses. Il arrive aussi parfois que l’émotion en question ne soit pas de la souffrance mais de la joie, du bonheur : nous en sommes tout autant désemparés ! Si cela vous arrive, accueillez l’instant et gravez-le précieusement dans votre mémoire : c’est une pépite, un trésor et une source de joie que vous pourrez reconnecter au besoin.

Êtes-vous bien au clair entre votre sympathie naturelle et l’empathie propre à votre développement personnel ? Voilà une excellente occasion d’y regarder de plus près !
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